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Charly relate de ses aventures au grand Nord à bord de Knut

04/17/2017

Les derniers jours ont été agités mais la glace gelée sur haubans, les filières, et l’enrouleur de génois me fascine. Il est peut-être 2 ou 3h du matin, mais dehors il fait clair ; le soleil de minuit est bien présent et je n’ai aucune envie de dormir. Je suis de quart à bord du Knut, le voilier de 15m en aluminium de l’association Marémotrice, et nous sommes au dernier tiers de notre longue traversée de la mer de Barents. Seule dans la timonière, je m’amuse avec mes risibles compétences photographiques à tenter de mettre un cadre sur ces stalactites tout fraîchement arrivés à bord. Il n’y a pas de vent et le ronronnement du moteur fait à présent partie du décor. Le pilote automatique nous mène au sud du Spitzberg, île principale de l’archipel de Svalbard, où j’espère, notamment, voir mon rêve d’enfance se réaliser : croiser la route des bélugas.

En attendant, je suis contente d’observer la mer à perte de vue qui m’enivre comme d’habitude. Au loin, soudain j’observe des taches blanches… des icebergs ? … des nuages ?

Non, c’est la côte qui commence légèrement à se dessiner.

Finalement, les paupières se font lourdes et je vais réveiller le prochain sur la liste pour prendre le relais. Je me repose à peine quelques heures dans le carré, puisque ma cabine s’est offerte un bain d’eau salé, et déjà la vie à bord se met en route : l’odeur de café me chatouille les narines, et les voix mi-chuchotantes m’empêchent de continuer ma visite chez Morphée. Dès l’instant où ma mine endormie passe son regard par-dessus les hublots de la timonerie, je suis réveillée instantanément. Le spectacle qui m’attend n’a pas de prix.

« C’est pour ça qu’on s’est tapé cette traversée de merde ». C’est pour les beaux yeux de Svalbard, pour sa robe blanche éclatante qu’elle nous balance brusquement à la face.

Pour ça je suis d’accord, me dis-je intérieurement à ce moment-là, d’accord d’avoir passé 6 jours en mer, avec des vents jusqu’à 42 nœuds, sur un bateau m’ayant fait perdre mon centre de gravité en se couchant sur les flots, tout ça couronné de températures minus, et puis cette attente surréelle passée à la cape avec l’espoir que les airs nous laissent enfin à notre tour souffler. Ça valait la peine oui ; pour cette arrivée aux aurores et ce paysage montagneux se découpant majestueusement sur l’horizon.

Nous nous rapprochons. Gentiment, je remarque au loin qui avance vers nous une grosse risée. Mais elle est bizarre, elle semble lourde. Quelques mètres seulement avant que Knut plonge tête dedans, je comprends que ce n’est pas le vent qui laisse une traînée sur la mer, mais c’est une nappe de glace posée à même l’eau. Cette dernière donne non seulement un rythme et un mouvement particulier à notre environnement, mais également un son intriguant et inconnu.

 

 Knut fend cet obstacle son difficulté apparente. La nappe disparaît aussi vite qu’elle est apparue. Au loin, différentes couches de différents bleus se laissent observer, mais cette fois je sais ce qu’elles représentent. Il y aussi un iceberg ce côté, et un autre par-là. Mais ils sont tout petits, des petits points sur l’horizon, pourtant quand même assez gros pour qu’ils ne passent pas incognito.

 Cette image, cette arrivée, ce moment, est mon meilleur souvenir de ces deux semaines à bord du Knut. Débarquer à bord d’une nouvelle terre par la route maritime et entrer en contact humblement avec notre hôte en prenant le temps de se familiariser avec ses contours ; quel privilège.

 Le mouillage au bord du glacier, les traces de l’ours invisible et les renards blancs bien visibles, la baignade dans l’eau glacée, le village russe perdu dans le temps, la joyeuse famille d’aventuriers du Makore II, les surfs sur les bords de travers entre le fjord, et puis Longyearbyen… tous ces éléments font partie du décor de la suite de notre voyage. Mais tout commence avec l’arrivée au Spitzberg, comme si on avait dû prouver qu’on valait la peine d’être accueilli en terres arctiques. Une sorte de test d’entrée en somme.

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